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Dans les années 60, un aide conducteur assiste le mécanicien à bord des machines engagées sur la Bosse. Ce sont des BB 12000 puis des BB 16500 avant l'arrivée des premières BB 25500.
Un train de marchandises descendant est régulièrement arrêté au carré de sortie de la gare de La Joux. Cette station, complètement perdue dans une des plus grandes sapinières d'Europe est dotée d'un évitement qui permet le croisement ou le dépassement de deux trains engagés sur cette ligne à voie unique. Le croisement effectué, le train reprend sa route.
Peu avant Noël, il est de tradition que l'équipe de conduite profite de cet arrêt assez long pour couper le sapin qui allait orner la crèche familiale. Nantis d'une serpe, le mécanicien et son aide descendent de leur machine, s'engagent sur la pente raide d'un talus pour aller couper un sapin en contrebas. A peine arrivés près de l'arbre choisi, l'un des deux lève la tête et s'aperçoit que le feu vient de passer au vert !
Abandonnant la serpe et le sapin, ils tentent de remonter jusqu'à leur machine mais la pente raide et couverte de neige glacée les en empêche. Ils y parviennent après de violents efforts. Suants et soufflants, ils montent dans leur machine et prennent le départ. Par chance, le régulateur de Dijon ne s'aperçoit pas de ce retard. Cette mésaventure fait le bonheur du fleuriste de Dole qui leur vend le sapin de remplacement.
Un mouvement de mauvaise humeur peut avoir des répercussions fâcheuses. Une machine descend la Bosse haut-le-pied un soir de Noël. Il est 23 h et les cheminots espèrent pouvoir rentrer assez tôt à la maison pour participer à la fête. Ils ne sont qu'à quelques kilomètres de Dole, leur terminus, lorsqu'un carré les arrête à Grand-Contour, gare tout aussi isolée que la Joux. Le mécanicien descend de sa machine, va jusqu'au téléphone de voie et appelle le régulateur. Il lui demande pourquoi s'arrêter alors qu'aucun train n'est annoncé. Fait-il cette demande sur un ton vif ? Nul ne le sait mais le régulateur répond que si le carré est fermé c'est pour une bonne raison ! Le mécanicien remonte dans sa machine et avec son aide conducteur, attendent 2 h du matin pour que le signal passe enfin au vert. Pendant ces trois heures, ils ne voient aucun train montant ou descendant. Moralité : il faut toujours être très poli avec les régulateurs, surtout un soir de Noël.
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